samedi 9 janvier 2010

Les blagues intraduisibles 5

 
About all I've been able to grow in my garden is tired.

Neige

 
Je marche en bateau ivre
Il n'en reste pas rien
On pourrait bien me suivre
Mais je suis déjà loin

La neige me rassure
Je marche donc je suis
Ces traces dans la rue,
C'est ma vie que j'écris

Un récit hésitant
De mes pas, lettres noires
Sur le blanc des trottoirs
Cousu d'anciennes peurs
De désirs nouveaux
Que je sens finissant

Et quand la neige aura fondu
Que des milliers de pas
Auront brouillé l'histoire
Auront tout confondu

Qui donc s'en souviendra ?

Il neige sur les mers

  
Il neige sur les champs, les bois, les monts, les dunes,
Il neige sur le front des êtres les plus doux,
Il neige sur les toits pleins de nos infortunes,
A tous les blancs flocons se mêlent des cailloux.

Il neige et grelottant près d'un foyer sans flamme,
Beaucoup de pauvres gens n'ont pas assez de pain,
Il neige sur les coeurs, il neige sur les âmes,
Et tous les affamés n'ont qu'à mourir de faim.

Il neige sur les bourgs, il neige sur les villes,
Où le malheur humain porte sa lourde croix,
Il neige sous les ponts des gueux cherchant asile,
Rêvent d'un peu de feu pour se chauffer les doigts.

Il neige des vieillards, des orphelins, des femmes,
Traînant sur le pavé leur douloureux destin,
Il neige sur les coeurs, il neige sur les âmes,
Et la fraternité n'est qu'un soleil lointain.

Il neige sur les mers, il neige sur les grèves,
Il neige de la mort et de la cruauté,
Et l'astre de la paix qui brille dans nos rêves,
S'enfuit à nos regards sous un ciel tourmenté.

Il neige et des troupeaux suivent les oriflammes
Qui mènent l'avenir dans un sanglant chemin,
Et la neige des coeurs engloutira les âmes,
Tant que ces horreurs-là n'auront pas eu de fin

Il neige sur les toits pleins de nos infortunes,
A tous les blancs flocons se mêlent des cailloux.


Cette chanson  de Gérard PIERRON, sur un texte d'Eugène BIZEAU, n'est rien de moins qu'une des plus belles chansons du monde avec la guitare incroyablement claire de Philippe DESBOIS... Album "Carnet de bord". Il est à la BM de Périgueux. Pour en savoir plus, cliquer sur le titre.  
Et en ce matin de grand froid, les toits de Périgueux se couvrent de blanc. 

Actuellement








"Joli monde", Joel GUENOUN, Autrement

vendredi 8 janvier 2010

Le fil

 
C'est une douce habitude,
Avant de dormir,
Dans les nuits de solitude,
De se souvenir
Si chacun de nous demeure
Dans son lit d'exil
Que de se parler une heure
Ne tient qu'à un fil,

Un fil qui lie
Deux demi-sommeils qui s'ennuient
Près de l'autre et loin de son regard.
On parle enfin de son cafard

Et du mal qu'on prend à naître
Dans ce monde-là
Et du jour qui va paraître
Et qu'on ne veut pas,
Du frisson de ces nuits blanches
Qui vous fait le corps
Comme quand on fait la planche
Dans la mer du nord,

Du vent qui souffle,
Qui fait que les draps vous étouffent,
Qu'il fait chaud soudain dans ce pays
Et qu'on les pousse au pied du lit,

Qui nous fait enfin nous dire
Ce qu'on ne dit pas
Quand on fait l'amour et pire
Qu'on ne le fait pas,
Qui nous fait enfin nous tordre,
Loin de la pudeur,
Solitaires, fous, et mordre
Plaisir et douleur.

Alors défile
A travers les rues de la ville
Comme une onde qui fait dans le dos
Raz de marée dans un cours d'eau.

Ma mie ma correspondante,
A se tant parler,
Ma nocturne, mon amante,
On en oublierait
Qu'il n'est plus le moindre doute :
Par les temps qui courent
Y a des gens qui nous écoutent,
Le fil n'est pas sourd.
Il n'est pas de secret, même pour les amours.


Maxime LE FORESTIER, 1976

Caressez une vache




Je vais t'apprendre la politesse, p'tit con
Jean-Louis FOURNIER, Payot, 1998

jeudi 7 janvier 2010

SI TU DISPOSES DE QUELQUES JOURS

Si tu disposes de quelques jours
Et si tu penses un peu à moi,
Si t'as besoin d'un peu d'amour
Viens donc te reposer chez moi
Tu repartiras demain soir, nous ne nous marierons jamais
C'est pour ça que l'on s'aime autant que l'on s'aimait

On s'est connus il y a bien longtemps
Tu ne m'as jamais tenu le bras,
Tu t'en allais comme un coup de vent
Pour t'endormir sous d'autres draps
J'avais pas le temps de pleurer que tu revenais me faire rire
Pour goûter la joie du retour il faut partir.

Quand la jalousie est venue
Un triste soir frapper chez moi
J'y ai foutu mon pied au cul
Comme aux témoins de Jéhovah
Vis-à-vis de tes amoureux
J'ai pas souvent serré les poings
Ils t'ont rendue encore plus belle et c'est très bien
...

Patrick FONT, 1974