jeudi 17 décembre 2009

La rue qui parle



Rue Thiers, Périgueux, novembre 2009

Dislocation



Or je ne me souviens plus
A quoi bon il n'en reste à quoi bon
Dis leur mais dis leur toi
Qu'est-ce qui fond là, la tache, là
Et tout ça qui ne tient plus
Qu'est-ce qu'il fallait que je dise
A partir de ses hanches je ne sais plus
Tout s'éparpille dans des fulgurances qui me filent l'herpès sauvage
Qu'est ce que ça peut foutre désormais
Ses hanches les fulgurances l'herpès ce filet de vie qui coule
C'est rouge mais si tu vois bien c'est rouge
C'est de l'énergie qui sang va
Plus un brin dans mes rouages
Qu'est ce que ça peut foutre ce qu'il fallait que je dise
C'était accroché là et puis pffuit nom de Dieu c'est parti où
Avec ses yeux tout lavé
Mais je ne me souviens plus
Il en reste si peu tout éparpillé
Il y avait des gens qui disaient qu'ils m'aimaient
Ils m'aimaient qu'ils disaient
Pourquoi ils ont pas vu que je fondais
Dis leur mais dis leur toi j'avais un compas dans le crane
Des lambeaux de moi qui tombaient et séchaient par terre
Eux ils marchaient dessus
J'avais plus de mains à force
J'essayais de les voir mais pas moyen
Je savais je le savais
Le bout du chemin
Où je ne peux pas me retourner
Mais tout est trop tard
Elle va me jeter

Je ne peux plus dire je t'aime

Je ne peux plus dire je t'aime
Ne me demande pas pourquoi
Je ne ressens ni joie ni peine
Quand tes yeux se posent sur moi

Si la solitude te pèse
Quand tu viens à passer par là
Et qu'un ami t'a oubliée
Tu peux toujours compter sur moi

Je ne peux plus dire je t'aime
Sans donner ma langue à couper
Trop de serpents sous les caresses
Trop d'amour à couteaux tirés

Si dure que soit la solitude
Elle te ramène à ton destin
La loi du grand amour est rude
Pour qui s'est trompé de chemin

Je ne peux plus dire je t'aime
Ne me demande pas pourquoi
Toi et moi ne sont plus les mêmes
Pourquoi l'amour vient et s'en va

Si la solitude te pèse
Quand le destin te mène ici
Et qu'un ami t'a oubliée
Tu peux toujours compter sur moi

Et qu'un ami vienne à manquer
Tu peux toujours compter sur moi


Jacques HIGELIN

Comment peux-tu vivre sans moi ?

Moi-même j'ai beaucoup de mal.

Rando

Il les avait vus approcher. Par la fenêtre, pendant qu'il faisait la vaisselle, penché au-dessus de l'évier.
Ils avaient l'air de chercher leur chemin, hésitant sur la route à prendre. Elle avait tendu la main vers lui, exigeant la carte qu'il observait immobile. L'ayant prise, elle s'était assise sur le talus d'herbe de l'autre côté de la route pour la déplier. Ils avaient l'air heureux. Elle souriait en cherchant à se repérer sur la carte bleue. Elle lui dit quelque chose, et il alla s'asseoir près d'elle. Pour mieux voir, il posa son menton sur son épaule. C'était ce qu'elle attendait. Tout son être exprimait cela. C'était certainement un bon moment à vivre, et très agréable à regarder aussi. Après quelques échanges, ils se levèrent et approchèrent de la maison. L'homme sortit à leur rencontre et leur confirma qu'ils ne se trompaient pas de chemin.
Il les vit disparaître au coin du hangar, dans un mouvement de bonheur. Il les envia.

La légende de la nonne

La nonne osa, dit la chronique,
Au brigand par l'enfer conduit,
Aux pieds de Sainte Véronique,
Donner un rendez-vous la nuit,
A l'heure où les corbeaux croassent,
Volant dans l'ombre par milliers
Enfants voici les boeufs qui passent
Cachez vos rouges tabliers

Victor HUGO

L'heure blême



C'est l'heure blême
L'heure où le café se mêle de crème
L'heure où je ne trouve plus de rimes
Pour mes poèmes

Le monde est blanc, je m'y promène,
Sous mes semelles s'ouvrent
Des abîmes de brumes
D'où émergent des cimes de chênes et de pins
Maritimes

Jean MOUCHES